Le groupe Stellantis vient d’annoncer un partenariat stratégique avec Bolt pour lancer ses propres robotaxis en Europe. Tests dès 2026, production prévue en 2029… et tout cela, en ligne avec la réglementation européenne. Une révolution discrète mais bien lancée.
Franchement, il y a encore deux ou trois ans, les voitures autonomes, ça ressemblait plus à de la science-fiction qu’à un projet concret pour nos villes. Qui aurait cru qu’un jour on parlerait sérieusement de taxis sans conducteur qui circuleraient à Paris, Lyon ou Marseille ? Et pourtant, on y est presque. Stellantis, le groupe derrière Peugeot, Citroën, Fiat ou encore Opel, vient d’annoncer qu’il travaillait main dans la main avec Bolt, la célèbre plateforme de VTC et de trottinettes électriques qu’on voit déjà un peu partout en France. L’objectif ? Mettre sur les routes des robotaxis 100 % autonomes en Europe.
Et ce n’est pas juste une annonce marketing pour faire parler. Le groupe prévoit de lancer les premiers tests sur route dès 2026, avec des véhicules sans personne derrière le volant. Pas de volant du tout, même ? On ne sait pas encore. Mais on parle clairement ici de niveau 4 d’autonomie : une voiture qui se conduit toute seule, dans des conditions définies, sans intervention humaine. C’est-à-dire que si tout se passe bien, vous pourriez commander un VTC via l’appli Bolt et monter à bord d’un van électrique qui vous emmène sans conducteur. Oui, vous avez bien lu.
Une alliance stratégique entre ingénierie automobile et services de mobilité
D’ailleurs, c’est intéressant de voir comment cette collaboration a été pensée. D’un côté, Stellantis met à disposition ses plateformes “AV-Ready”, c’est-à-dire des bases techniques déjà prévues pour intégrer tous les systèmes nécessaires à la conduite autonome : capteurs, calculateurs puissants, sécurité redondante… On parle notamment de deux plateformes : la STLA Small (pour les voitures compactes) et la plateforme eK0, qui est utilisée pour les utilitaires électriques de taille moyenne.
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De l’autre côté, Bolt apporte son réseau. Aujourd’hui, cette appli est présente dans plus de 50 pays, dont 23 États membres de l’Union européenne, avec des millions d’utilisateurs quotidiens. Leur force, c’est justement la gestion logistique et algorithmique de la demande de transport urbain. Stellantis et Bolt veulent donc unir leurs compétences : d’un côté la mécanique, de l’autre la techno et les données. L’idée, c’est de pouvoir intégrer les véhicules autonomes dans les services Bolt d’ici quelques années, sans que cela demande aux usagers de changer leurs habitudes.
Démarrage en 2026, production en 2029 : le calendrier est posé
Selon ce qui a été annoncé, le déploiement se fera progressivement. En 2026, on devrait voir apparaître les premiers prototypes sur route dans certaines villes européennes partenaires. Ensuite, place aux flottes pilotes, qui permettront de tester la robustesse des véhicules, la sécurité des trajets et surtout… la confiance des passagers. Si tout se passe comme prévu, la production industrielle à grande échelle devrait démarrer en 2029.
Et attention, tout cela ne se fera pas sans encadrement. Les deux partenaires insistent : ils veulent avancer en coordination avec les autorités de régulation européennes. Ça veut dire un travail main dans la main avec les services de certification, les législateurs, les collectivités locales… pour que la sécurité, la protection des données, et la cybersécurité soient au centre du dispositif. Et dans l’Union européenne, on sait que les exigences sont particulièrement élevées, donc pas question de prendre de raccourci.
Une mobilité autonome… mais aussi plus verte et plus partagée
Ce projet de robotaxis ne vise pas seulement à “remplacer le chauffeur par un logiciel”. Stellantis et Bolt y voient un levier concret pour réduire l’empreinte carbone des déplacements urbains. En misant sur des véhicules électriques partagés, sans trajets à vide, sans arrêts inutiles, ils espèrent fluidifier le trafic dans les grandes villes et réduire les émissions liées au transport individuel. C’est dans cette logique que Stellantis développe ses plateformes modulaires, pensées pour être flexibles et rentables à l’usage, même dans des contextes intensifs comme les flottes de VTC.
Antonio Filosa, le CEO de Stellantis, a d’ailleurs été clair : ce partenariat avec Bolt doit transformer la mobilité autonome en un outil concret du quotidien pour les Européens. Pas un gadget réservé à quelques démonstrations high-tech à Las Vegas, mais une vraie alternative aux voitures individuelles, aux transports saturés ou à l’explosion des coûts liés aux déplacements urbains.
Alors, bientôt des robotaxis à Paris ?
Honnêtement, on n’y est pas encore, mais ça se rapproche très vite. D’ici trois ou quatre ans, certaines grandes villes européennes pourraient bien accueillir les premiers trajets 100 % autonomes via des applis comme Bolt. Et Stellantis a l’ambition de ne pas rater le virage, surtout en tant que groupe européen. Entre les enjeux technologiques, la réglementation et l’acceptabilité sociale, le défi est de taille. Mais avec des tests concrets dès 2026, la route est déjà bien tracée.
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