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L’avenir de la voiture électrique s’éloigne, les marques ne sont pas prêtes à prendre le risque et l’Europe n’a pas d’argent pour les subventions

Pour l'instant, seul Stellantis a jeté l'éponge en Espagne et en Italie, les autres constructeurs sont silencieux, mais ils ne tarderont pas à exploser. La décision de rendre les voitures électriques obligatoires à partir de 2035 deviendra dans quelques mois un boomerang contre l'UE. Un feu qu'il sera très difficile d'éteindre.

Depuis que la décision de l’Union européenne d’imposer les voitures électriques à partir de 2035 a été connue, il y a un peu plus de deux ans, toutes les marques ont orienté une grande partie de leurs efforts et de leurs investissements vers ce marché, une mesure qui n’affectera que les nouvelles voitures mises en vente. À la suite de la pandémie de grippe aviaire de 19 ans, l’Europe a lancé un ensemble de mesures visant à stimuler l’économie des pays par l’intermédiaire des fonds “Next Generation”.

Certains pays ont utilisé la part qui leur était allouée pour subventionner l’achat de voitures électriques, mais lorsque ces fonds ont été épuisés, ils sont devenus un problème à la fois pour les marques et pour les clients. Les premières ont cessé de se vendre et les seconds sont revenus à l’économie des voitures diesel, réduisant à néant le chemin déjà parcouru. Les voitures électriques ont gagné un terrain qui devient aujourd’hui une friche et qui le deviendra encore plus dans les années à venir.

 Les voitures diesel ont perdu du terrain face aux voitures électriques en 2023, mais elles commencent à faire leur retour.

Les voitures diesel ont perdu du terrain face aux voitures électriques en 2023, mais elles commencent à faire leur retour.

L’électrique fait son chemin, le diesel fait son retour

Une situation dont l’UE n’est pas la seule responsable, mais aussi les marques avec leur politique de rabais zéro. Stellantis a été la première à jeter la pierre à l’Espagne et à l’Italie : s’ils veulent des voitures électriques, parce qu’ils ont voté pour, ils devront faire leur part. L’Allemagne a mis fin aux subventions avant la fin de l’année et d’autres pays d’Europe du Nord ont fait de même. Le gros problème, c’est que 2025 s’annonce comme un point de basculement, où l’offre de véhicules zéro émission augmentera comme jamais auparavant.
Mais aucun client sain d’esprit n’est prêt à payer 25 000 euros pour une voiture électrique de quatre mètres avec une autonomie de 300 kilomètres, 400 kilomètres au maximum. Dépouillée, elle coûtera facilement plus de 30 000 euros et, sans rabais ni subventions, la réponse à la voiture électrique sera totalement négative. Les grandes marques européennes ont pris en charge le coût des subventions en Allemagne après le retrait du gouvernement, et dans quelques semaines, elles prendront fin, laissant un véritable vide et les laissant au bord du gouffre.

Les voitures électriques chinoises ne représentent pas un danger pour l’Europe

BYD a déjà confirmé qu’il fabriquerait des véhicules en Europe, mais jusqu’à présent, ses modèles ne sont pas très bon marché. De plus, les clients européens sont habitués à un standard que les Asiatiques n’offrent pas, et encore moins pour les voitures haut de gamme. Oui, il y a beaucoup de technologie, mais ils échouent encore dans d’autres domaines clés. Produire en Europe présente quelques avantages : les délais de livraison sont réduits et les droits d’importation sont évités.

Il n’est pas certain qu’ils soient moins chers parce qu’ils économisent les coûts de transport depuis le géant asiatique et les taxes, gains qui sont perdus en raison du prix de la main-d’œuvre plus élevé qu’en Chine. Ce qui est clair, c’est qu’il n’y aura plus de subventions pour aucune marque dans de nombreux pays, que l’Italie les fera bientôt fondre, que les marques ne sont pas disposées à investir dans des batteries plus puissantes et, dans le même temps, à revenir aux rabais, et que sans les subventions de l’UE, leur propre plan s’effondre.

Antoine Petit
Antoine Petit
Rédacteur, actualité automobile - Avec un œil critique et une plume affûtée, Antoine décrypte l'actualité automobile au quotidien. De l'économie de l'auto aux mouvements écologiques, il analyse les tendances et les enjeux du secteur avec une perspective globale. Son expertise fait de lui la voix de référence pour comprendre les dynamiques qui façonnent le monde automobile.

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