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Le plan Stellantis pour sauver l’automobile européenne : produire local et desserrer l’étau environnemental

Entre une réglementation CO₂ jugée trop rigide et une perte de compétitivité industrielle, Stellantis appelle à des mesures concrètes pour relancer le secteur auto en Europe. Objectif : produire plus de petits modèles accessibles en Italie et les exporter partout. 

On ne va pas se mentir : depuis quelques années, l’ambiance dans le secteur auto européen est plutôt morose. Usines à l’arrêt, volumes en baisse, voitures neuves de plus en plus chères… Et côté marques, même les plus historiques peinent à suivre le rythme imposé par les normes environnementales. C’est dans ce contexte tendu qu’Antonella Bruno, directrice de Stellantis Italie, a pris la parole à Turin, lors des États généraux du commerce international.

Et ce qu’elle dit, ça mérite qu’on s’y attarde. Selon elle, il y a deux leviers clairs pour relancer l’automobile en Europe : des objectifs de décarbonation plus réalistes et un soutien massif à la production de petits véhicules accessibles. Deux idées simples, mais qui pourraient changer la donne, surtout pour les sites français et italiens du groupe Stellantis.

Plus de flexibilité sur la décarbonation : la proposition de Stellantis

Premier point soulevé par Antonella Bruno : les objectifs climatiques actuels sont trop rigides, trop rapides, et ne tiennent pas compte du rythme industriel réel. Elle plaide donc pour un assouplissement des objectifs CO₂ avec des périodes de référence plus longues. En clair, au lieu d’imposer des seuils impossibles tous les 2 ou 3 ans, Stellantis propose d’étaler les efforts dans le temps pour laisser aux constructeurs le temps de s’adapter, sans sacrifier la qualité ni la compétitivité.

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Mais ce n’est pas tout. La dirigeante italienne suggère aussi l’introduction de “super crédits” pour encourager la production de petits modèles abordables. L’idée serait de valoriser les constructeurs qui misent sur des citadines simples, légères, moins polluantes, en leur accordant un bonus réglementaire. Une manière aussi de redonner de l’air aux modèles Made in Europe face à la concurrence asiatique.

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Produire plus en Italie (et en France), pour vendre au monde entier

Le deuxième levier, c’est bien sûr la production locale. Antonella Bruno a mis en avant un point stratégique : favoriser la relocalisation de la production de petites voitures, en particulier en Italie. Elle a confirmé que la future Fiat 500 Hybrid sera produite à Mirafiori, avec un grand nombre de fournisseurs italiens impliqués. Et ce n’est pas un détail : entre 2014 et 2024, 80 % des Fiat 500 produites ont été vendues à l’étranger.

Nouveau Jeep Compass hybride stationné sur un sol enneigé, vue de trois-quarts avant
Le Jeep Compass fait partie des modèles clés du plan Stellantis pour l’Italie. Une version renouvelée, plus efficiente et toujours produite localement, destinée à renforcer la présence du groupe en Europe. © Jeep

Autrement dit, c’est un produit “Made in Italy” qui fonctionne à l’export, et Stellantis compte bien s’appuyer dessus. Mais aussi sur les nouveaux modèles en préparation : la Jeep Compass, la nouvelle Lancia Gamma ou encore un nouveau modèle DS prévu pour 2026. Tout ça fait partie d’un plan plus global, baptisé « Piano di Impegni per l’Italia », élaboré après les discussions avec le gouvernement italien.

Et pour la France, qu’est-ce que ça change ?

Même si les annonces sont faites depuis Turin, les implications concernent aussi les usines françaises de Stellantis, notamment celles de Poissy, Sochaux ou Mulhouse. Si la stratégie de soutien aux modèles compacts européens est confirmée à l’échelle du groupe, cela pourrait relancer l’intérêt pour des voitures comme la Peugeot 208 ou la Citroën C3… à condition qu’elles restent produites localement.

Mais tout cela dépendra aussi de l’évolution de la réglementation européenne, et notamment des normes CO₂ post-2025. Pour Stellantis, l’enjeu est simple : ne pas laisser les petits véhicules accessibles devenir un marché exclusivement asiatique.

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Oscar
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Oscar a attrapé le virus automobile avant même de savoir faire du vélo. Entre deux essais et une veille obsessionnelle sur les nouveautés du secteur, il décortique l'actualité auto avec l'œil affûté de ceux qui ont grandi un tournevis à la main et Auto Moto sur la table basse.
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