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Piastri perd pied chez McLaren : son style de pilotage devient un handicap face à Norris

Rien n’a changé sur la McLaren, et pourtant Oscar Piastri perd du terrain. L’Australien souffre dès que le grip est faible. Derrière cette crise de performance, c’est tout un style de conduite qui est remis en cause. 

« Vous avez sûrement déjà entendu parler de Piastri… Et franchement, il y a de quoi s’interroger ! Parce que quand on vit en France et qu’on suit la Formule 1, on voit bien que quelque chose cloche depuis quelques Grands Prix. »

32 points perdus face à Lando Norris sur les quatre derniers rendez-vous, c’est énorme à ce niveau de compétition. Et ce n’est pas une histoire de voiture. La McLaren MCL39 n’a pas reçu d’énormes évolutions depuis Spa. Pourtant, Oscar Piastri a plongé en rythme comme en confiance. Franchement, on a tous vu ce regard un peu perdu dans le paddock, cette frustration contenue dans les interviews, et même des gestes de pilotage plus hésitants en piste. Ce n’est pas qu’il n’essaie pas. Au contraire, il s’adapte, il expérimente… mais il semble toujours un temps en retard sur les conditions de piste. 

Et à force d’essayer de comprendre ce qui se passe, on finit par tomber sur un détail qui change tout : le grip. Ou plutôt l’absence de grip. Car depuis la fin de la tournée européenne, les circuits visités (Baku, Austin, Mexico…) ont tous un point commun : un revêtement très glissant, loin des standards européens. Et là, Oscar n’a pas encore trouvé la clé. 

Ce n’est pas la voiture qui change, c’est la piste 

C’est ce que confirme Andrea Stella, le patron de l’écurie : le problème ne vient pas de la voiture, mais bien de l’adaptation du pilote aux conditions. Et c’est Oscar lui-même qui en parle le mieux. Il reconnaît que « le style de pilotage qu’il utilisait depuis 18 courses ne fonctionne plus du tout sur les derniers circuits ». Un aveu rare en F1. Parce que revoir son style, ce n’est pas juste un détail. C’est carrément remettre en question son instinct. Et ça, pour un pilote de ce niveau, c’est comme changer de langue en pleine conférence. 

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Oscar Piastri au volant de sa McLaren MCL39 sur vibreur, livrée papaya et noire 2025
Oscar Piastri en pleine attaque au volant de la McLaren MCL39, lors d’une séance sur circuit à faible grip. La livrée orange papaya et noire, emblématique de McLaren, met en valeur le châssis affûté de cette monoplace 2025. On distingue le numéro 81 sur le museau, les jantes aux inserts aérodynamiques ainsi que les partenaires techniques comme DP World, Velo ou Richard Mille. © McLaren F1 Team

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Prenez Mexico, par exemple. L’un des pires circuits niveau grip selon Pirelli, avec un asphalte qui offre 10 à 15 % d’adhérence en moins que la moyenne. Et dans ces conditions, il faut piloter autrement : freiner plus droit, réduire la charge latérale, éviter les survirages… bref, dompter une voiture qui glisse et qui sature très vite les pneus. Ce n’est pas un hasard si les qualifications y ont été un enfer pour Oscar. Et quand il tente de modifier son approche, il avoue ressentir « une sensation d’énorme artificialité » dans sa conduite. Traduction : il n’est plus à l’aise. Et sans cette aisance, impossible d’attaquer. 

Et si le vrai problème était ailleurs ?

Le plus intéressant, c’est que Lando Norris n’est pas totalement dans le même bateau. Il dispose, depuis le GP du Canada, d’une suspension avant modifiée, censée améliorer la perception du blocage des roues à la limite du freinage. Et lui aussi avait du mal à ressentir l’avant de la voiture en début d’année. La différence, c’est que cette pièce technique l’aide aujourd’hui à mieux lire la voiture dans les virages glissants. 

Les deux McLaren MCL39 côte à côte sur piste, Piastri devant Norris lors d’un virage serré
Les deux McLaren MCL39 au coude-à-coude en pleine course. À l’avant, Oscar Piastri tente de garder l’avantage sur Lando Norris dans une phase de freinage. Cette image illustre parfaitement la lutte interne chez McLaren, où la moindre différence de style ou de réglage peut faire basculer un week-end. Un duel technique autant que mental entre les deux pilotes.
© Photo by Kym Illman/Getty Images

Oscar, lui, roule encore avec la configuration d’origine. À l’époque, il disait ne pas en avoir besoin. Mais depuis que la F1 s’est déplacée vers des circuits plus exigeants en termes de motricité et de freinage en ligne droite, cette différence pourrait peser plus lourd qu’il ne l’imaginait. C’est peut-être un détail, mais en F1, les détails changent tout. 

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Et puis il faut bien le dire : Norris est en feu. Il vit l’un des meilleurs moments de sa carrière. Il surperforme, pousse la McLaren dans ses retranchements et sent chaque micro-glissement comme un violoniste sent sa corde vibrer. Ce contraste avec Piastri ne fait que souligner la difficulté du moment. 

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La crise de style de pilotage : quand le mental prend le dessus

Ce qui rend la situation encore plus délicate, c’est l’effet boule de neige. Parce que quand on doute, on surcorrige. Quand on surcorrige, on chauffe les pneus. Et quand les pneus chauffent trop vite, le grip baisse encore. Le pilote perd en précision, puis en confiance, puis en performance. Et tout recommence. Ce n’est plus seulement une question de trajectoire, mais une spirale mentale. 

Oscar l’a dit clairement : il n’a jamais autant dû « réfléchir à comment piloter » qu’en ce moment. Et c’est bien ça le cœur du problème. À ce niveau, un pilote doit ressentir, pas analyser. Le temps de réflexion tue l’instinct. Et sans instinct, on perd en vitesse pure. C’est exactement ce qui s’est vu à Austin ou Mexico. Trop de correction au volant, des pneus détruits, et une frustration qui grimpe en flèche. 

Le plus inquiétant ? La perte de spontanéité. Car en F1, la fluidité est ce qui permet de flirter avec la limite sans la franchir. Là, Oscar est crispé, et ça se voit. 

Peut-il se relancer à Interlagos ?

La bonne nouvelle, c’est que le prochain circuit, Interlagos, est un tracé à haut grip, avec des virages en appui plus « européens » dans l’âme. Autrement dit, un terrain potentiellement plus favorable pour retrouver ses repères. Si Oscar arrive à reprendre confiance là-bas, il pourrait briser cette spirale négative. Et se relancer mentalement avant la fin de saison. 

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Mais il ne suffira pas de changer deux réglages d’aileron. Ce qu’il lui faut, c’est retrouver ce lien direct avec la voiture. Ce moment où on « sent » que ça va passer, sans avoir à réfléchir. Parce que sans ça, il risque de terminer l’année à contretemps… et de commencer 2026 avec un doute qui traîne. 

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Oscar a attrapé le virus automobile avant même de savoir faire du vélo. Entre deux essais et une veille obsessionnelle sur les nouveautés du secteur, il décortique l'actualité auto avec l'œil affûté de ceux qui ont grandi un tournevis à la main et Auto Moto sur la table basse.
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